Coming Home
Venez vous inscrire, nous ne mordons pas ! Enfin, pas très fort en tout cas... Ici, vous trouverez des tonnes et des tonnes de fan fictions et d'écrits en tout genre, alors venez faire un petit tour ! ♥️


Bienvenue sur Coming Home, votre forum d'écriture et de lecture en tous genres !
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 [OS] Avant, il y a bien longtemps

Aller en bas 
AuteurMessage
Mayaa

avatar

Messages : 21
Date d'inscription : 12/02/2014

MessageSujet: [OS] Avant, il y a bien longtemps   Mer 23 Juil - 0:40

Auteur : M▲Y△
Rating : G
Genre : Angst?
Couple : Une inconnue crasseuse sensée me ressembler, et un jeune homme aux cheveux de jais
Disclamer : Partiellement, ils sont à moi.
Notes de l'auteur : Ca date, mais j'avais envie, pour ce qui revient, et pour tout le reste, perdu à jamais. Et je l'avoue tristement, j'ai failli m'effondrer en le relisant.




La sonnette retentit, elle file ouvrir, se retrouve déstabilisée face à ce visiteur inattendu. Ou attend pendant trop d'années. Pour la première fois depuis de longs mois, et malgré les cristaux limpides qui dévalent ses joues, un sourire fend son visage fatigué. Maxime se tient là, debout devant elle. Maladroitement, il la serre dans ses bras, des excuses au coin de la bouche qui finissent par retomber au fond de sa gorge. Ils ressemblent aux enfants qu'ils étaient. Avant, il y a bien longtemps. Elle l'invite à s'asseoir sur le canapé, ce qu'il fait pendant que la jeune femme s'empresse de remplir deux tasses d'un café brûlant qui, quelques instants après, fume devant eux pendant qu'elle renifle et essuie d'un main tremblante des larmes accumulées au coin des yeux. Le silence règne pendant trop longtemps. Il avale quelques gorgées, la boisson réchauffe son corps vide, abandonné. Seul le bruit de la vaisselle qu'on pose sur le carreau de la table basse résonne dans leurs boîtes crâniennes, comme une illusion. Elle veut faire quelque chose de ses mains, se lève sans savoir pourquoi, mais cette sourde agitation étouffe dans son petit corps et cherche par tous les moyens à s'en échapper.

-Assied-toi Léa.

Elle obéit, soumise à ce calme à toute épreuve. Elle n'ose plus regarder dans les yeux cet homme qui, un jour, fut son meilleur ami. La sensation s'est évaporée. Les a-t-elle déjà connu, lui et le bien-être qu'elle ressentait en sa présence ?

-Grégoire il... Il est mort.

Maxime avait passé des semaines de recherches avant de pouvoir poser le doigt sur la sonnette de ce petit HLM. Longtemps, et trop de fois, elle était partie sans rien dire, abandonnant tout derrière elle. Il avait presque laissé tomber avant d’atterrir dans ce village, aussi petit et perdu que celui où elle avait grandi et où, souvent, il lui rendait visite. Quand tout allait bien.
Elle ne dit rien, semble encaisser la nouvelle. En réalité, l'information est restée bloquée et refuse de faire le chemin jusqu'à son cerveau. Elle revoit un sourire, des premiers gestes confus, des larmes qui menaçaient de couler la première fois qu'il l'avait prise dans ses bras. Evaporée, l'innocence du premier amour.
Maxime n'ajoute rien. Il sait que c'est inutile. Sa main s'avance pour saisir celle de la jeune femme mais son regard perdu dans le vide l'en dissuade. Longtemps, très longtemps après -aucun d'eux ne serait capable de donner une heure précise- elle se penche vers lui et irrémédiablement, leurs lèvres se scellent. Doucement, d'abord. L'échange devient maladroit, irritant. Ils se déshabillent sauvagement, leurs souffles courts s'échangent, se mélangent, mènent une lutte sans merci. Il la pénètre sans préliminaires sur ce canapé trop étroit pour leurs deux corps perdus. Pour la première fois, elle constate toute la haine, la violence que personne -pas même elle- n'a jamais su apercevoir chez le garçon aux yeux bridés. Enfermée depuis des années. Elle s'accroche très fort à lui et se mord la lèvre pour ne pas hurler à chaque coup de bassin rendu douloureux par l'incapacité de sa chair à se rendre réceptive. A seize ans, elle aurait tué pour ce contact, le cœur déchiré par la non-réciprocité de ses sentiments à l'égard de Maxime. Elle gémit pourtant, ne sachant plus faire la distinction entre plaisir et souffrance. Lui sent qu'il la broie de l'intérieur. Mais elle n'a pas passé des journées entières dans le fauteuil d'une chambre d'hôpital, n'a pas entendu les battements de cœur recréés par une machine, le rythme long et monotone, assourdissant même, d'un électrocardiogramme plat. Le souvenir du cercueil s'enfonçant dans la terre n'existe pas dans son esprit. Parce qu'elle était partie pour ne plus avoir mal, qu'il lui en veut pour ça. Et lui fait payer. Il finit par se déverser en elle. Ils se fichent des conséquences. Il reste encore, et elle ferme les yeux pour ne plus voir le visage de Grégoire, qui s'est déjà imposé à elle durant toute la durée de l'acte, réminiscence de ce qui n'appartenait qu'à eux et qu'ils n'ont jamais pu accomplir, détruits par le temps et tant d'autres choses.
Il renfile seulement son boxer et son t-shirt avant de s'étaler sur le canapé en skaï craquelé.

-C'était un accident de moto.

Il ferme les yeux. Respiration lente et régulière. Il s'est endormi. La blonde l'observe pendant un moment, dans l'espoir de trouver elle aussi le sommeil. Abandonne au bout d'une heure. Elle ouvre la fenêtre menant au balcon et se glisse dehors, son t-shirt trop long virevolte au-dessus de ses cuisses, lui chatouille la peau à l'occasion. Elle a froid mais ça n'a pas d'importance. Plus rien n'a d'importance. Elle pose ses coudes sur le fer gelé du balcon. Ses larmes s'échouent quelques mètres plus bas. Elle pleure encore, longtemps. Et quand le soleil réapparaît, elle rentre enfin, et se réinstalle sur le canapé. Elle ferme ses yeux gonflés et ne se sent pas partir. Lorsqu'elle se réveille, elle ne distingue plus la réalité du reste. La douleur entre ses jambes semble flotter comme hors d'elle, mais quelque chose dans sa poitrine, une douleur profonde et lancinante, lui fait dire qu'elle n'a rien inventé. Elle tend la main et se heurte à la peau chaude du vietnamien.

-N'importe quoi. Dis-moi n'importe quoi, tant que tu es encore là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shinnie
Admin
avatar

Messages : 85
Date d'inscription : 23/01/2014

MessageSujet: Re: [OS] Avant, il y a bien longtemps   Lun 4 Aoû - 17:04

OMG.....en fait, je sais même pas trop quoi dire. Le texte m'a pris au dépourvu. Bien écrit et tout, mon pauvre petit coeur s'est gonflé. J'avais envie de pleurer, limite, même si je sais pas trop pourquoi. Enfin, c'est du toi et j'aime toujours autant lire ça.
Désolé du commentaire un peu tardif.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
[OS] Avant, il y a bien longtemps
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine...
» A LA RECHERCHE D UNE POLICE DE CARACTERE
» Toujours bien vérifier vos achats avant de déposer votre évaluation ! ! !
» Voilà bien trop longtemps...
» Conseil pour l'achat d'un bien immobilier

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Coming Home :: DAZZLING CREATION :: About you-
Sauter vers: